La soupe d’orties : découvrir le goût d’une plante sauvage
Les orties, on les connaît surtout pour leurs piqûres. On les contourne, on les arrache parfois, rarement on imagine les mettre dans une casserole.
Le long de notre canal, après un été difficile, les pluies et la fraîcheur ont favorisé une nouvelle pousse. De jeunes feuilles tendres, d’un beau vert, qui nous ont donné envie de tenter une soupe.
Sans grande conviction au départ, il faut bien l’avouer.
Une soupe qui ne demande presque rien
Pour cette première expérience, nous avons volontairement limité les ingrédients.
- 120 g de jeunes feuilles d’orties, soigneusement triées et lavées (un saladier)
- Quatre petites pommes de terre
- De l’eau, juste assez pour la cuisson
- Un peu de sel, selon le goût
Les feuilles sont débarrassées des tiges les plus dures. La pomme de terre, coupée en petits morceaux, cuit d’abord dans l’eau. On ajoute ensuite les orties pour quelques minutes de cuisson, avant de mixer soigneusement l’ensemble.
La pomme de terre apporte un peu de corps, sans prendre le dessus.
Et le goût ?
C’est là que l’expérience devient intéressante.
Nous nous attendions à retrouver quelque chose de proche de l’épinard. Mais la saveur est différente, originale, franchement végétale, difficile à décrire en empruntant le vocabulaire d’autres légumes.
Et surtout, c’est bon !
La soupe présente une couleur verte intense et une texture très fine.
Nous avons essayé deux accompagnements.
Le parmesan : même en petite quantité, son goût prend rapidement le dessus. Il apporte davantage qu’il n’accompagne.
La crème : elle adoucit la préparation, lui donne de la rondeur, sans effacer complètement la personnalité de l’ortie.
Finalement, nous avons préféré conserver la simplicité de cette première soupe.
On s’est promis de tester avec une de nos poudres, mais quoi?
Une plante à récolter avec discernement
On choisit des orties jeunes, identifiées avec certitude, loin des zones traitées, des routes et des terrains potentiellement pollués.
Les feuilles sont manipulées avec des gants, lavées soigneusement et consommées après cuisson. En les prenant par le dessous, sans gants, on ne se pique pas!
La cuisson neutralise les propriétés urticantes des feuilles, mais elle ne fait pas disparaître les éventuels contaminants chimiques présents dans la plante.
Et maintenant ?
L’ortie ne se limite pas à la soupe. Elle peut être cuisinée comme un légume vert, incorporée à différentes préparations ou séchée.
Notre prochaine expérience sera probablement le passage au déshydrateur, pour découvrir ce que deviennent sa couleur, son parfum et sa saveur une fois transformée en poudre.
Mais cette première soupe nous a déjà appris quelque chose : parfois, une plante que l’on évite depuis toujours mérite simplement qu’on la goûte.
