Il porte le nom d’« extracteur de jus », mais contrairement à beaucoup d’appareils qui utilisent ce terme, il n’a ni moteur, ni vis sans fin, ni couteau.
C’est essentiellement un empilement de casseroles.
Et c’est plutôt une bonne nouvelle.
L’extracteur à vapeur fait partie de ces matériels assez rustiques dont le fonctionnement se comprend presque entièrement en les regardant.
De l’eau chauffe en dessous, la vapeur traverse les fruits placés au-dessus et le jus libéré est recueilli dans un récipient intermédiaire.
Un tuyau permet ensuite de le soutirer.
C’est tout.
Trois étages et un tuyau
Un extracteur à vapeur classique comporte trois éléments.
En bas : la réserve d’eau
C’est une grande casserole dans laquelle l’eau est portée à ébullition. Elle produit la vapeur nécessaire à l’extraction.
Au-dessus : le collecteur
Sa forme est un peu particulière : il laisse passer la vapeur vers le panier supérieur tout en recueillant le jus qui en redescend.
C’est sur cette partie que se trouve le tuyau de soutirage.
En haut : le panier
Il est perforé et reçoit les fruits.
On ajoute enfin un couvercle.
Voilà toute la machine.
Cette simplicité explique en grande partie pourquoi nous l’apprécions.

Pas besoin d’un appareil sophistiqué
Le principe étant extrêmement simple, nous voyons assez peu d’intérêt à rechercher un extracteur particulièrement compliqué.
Ce qui compte davantage est sa fabrication.
Une capacité adaptée aux quantités que l’on traite est évidemment utile. Un panier trop petit oblige à multiplier les fournées ; un appareil gigantesque devient encombrant pour trois grappes de raisin.
L’inox est pratique pour l’entretien et convient à des fruits acides.
Il faut également regarder la qualité des poignées, du couvercle et surtout du système de soutirage.
Car la pièce technologiquement la plus avancée de toute cette installation est finalement…
un tuyau avec une pince.
La capacité
C’est probablement le premier critère à regarder.
Un extracteur à vapeur prend tout son intérêt lorsque plusieurs kilos de fruits arrivent en même temps. Il faut donc que son panier permette de traiter une quantité raisonnable sans transformer la journée en succession de petites fournées.
Mais attention aux chiffres annoncés.
La capacité totale de l’appareil n’est pas celle du panier à fruits, et le volume disponible ne correspond évidemment pas au même poids selon que l’on y met des mûres, du raisin ou des pommes coupées.
Nous préférons donc raisonner simplement :
combien de fruits voulons-nous réellement traiter en une fois ?
Pour une utilisation domestique saisonnière, inutile de dimensionner l’appareil pour la récolte exceptionnelle qui surviendra peut-être une fois tous les dix ans.
La source de chaleur
L’extracteur doit maintenir suffisamment d’eau en ébullition pour produire de la vapeur pendant toute l’opération.
Selon le modèle, il pourra être utilisé sur gaz, plaque électrique ou induction si son fond est compatible.
Un diamètre raisonnablement adapté au foyer facilite évidemment la chauffe.
Il faut surtout éviter de laisser la réserve inférieure manquer d’eau pendant une extraction longue.
Ce n’est pas une machine automatique.
Elle travaille tranquillement, mais mérite tout de même que quelqu’un passe lui rendre visite de temps en temps.
Le tuyau de soutirage
Il paraît anecdotique jusqu’au jour où l’on manipule plusieurs litres de jus brûlant.
Le tuyau doit être suffisamment long pour permettre de remplir confortablement bouteilles ou récipients sans avoir à les tenir dans une position improbable.
La pince doit fermer correctement.
Et le tuyau lui-même doit rester en bon état.
C’est une petite pièce, facile à remplacer, mais importante pour travailler proprement et sans se brûler.
Une des qualités de ce matériel est justement que presque tout peut être compris, nettoyé et remplacé sans appeler un ingénieur.
Le nettoyage
C’est l’un de ses grands avantages.
Une fois refroidi, on sépare les éléments et on les lave comme de grandes casseroles.
Il n’y a pas de tamis extrêmement fin rempli de fibres, pas de râpe, pas de moteur et pas de vis sans fin dont chaque recoin conserve affectueusement un morceau de poire.
Le panier demande parfois un peu plus d’attention lorsque des pépins ou des morceaux de fruits se sont logés dans ses perforations.
Mais nous restons dans une technologie compatible avec une éponge.
Ses qualités
L’extracteur vapeur est particulièrement intéressant pour traiter des quantités assez importantes de fruits avec peu de travail effectif.
Il est simple.
Il contient très peu de pièces susceptibles de tomber en panne.
Il accepte des fruits de formes et de tailles très différentes.
Il peut rester rangé plusieurs mois puis reprendre du service immédiatement lorsque la saison revient.
Et contrairement à beaucoup de machines spécialisées, son nettoyage ne constitue pas la seconde moitié de la recette.
Ses limites
Il ne faut cependant pas lui demander ce qu’il ne sait pas faire.
Il chauffe les fruits : il ne produit donc pas un jus cru.
Il est assez volumineux.
Il demande du temps et une source de chaleur.
Et il n’est pas particulièrement intéressant pour préparer deux verres de jus au petit déjeuner.
Son domaine naturel est plutôt celui des récoltes et des transformations saisonnières.
Quelques kilos de raisin, de mûres ou de poires sur la table ?
Là, il commence à avoir quelque chose à dire.
Un appareil qui peut rester au chômage
Un extracteur à vapeur peut parfaitement ne pas servir pendant plusieurs mois.
Cela ne nous gêne guère.
Il n’y a pas de moteur immobilisé, pas d’électronique qui vieillit et pratiquement aucune mécanique.
C’est finalement une marmite spécialisée.
Lorsque les fruits arrivent, on la sort.
Lorsque la saison est terminée, on la lave et on la range.
Elle attendra tranquillement la suivante.
Dans une cuisine où l’on transforme ce que donnent les saisons, ce n’est pas forcément un défaut.
C’est même assez logique.
Ce que nous regarderions avant d’en choisir un
Pas besoin d’une interminable fiche technique.
Nous regarderions surtout :
un appareil en inox, une capacité correspondant réellement à nos récoltes, une compatibilité avec notre moyen de chauffe, des poignées solides, un panier facile à nettoyer et un tuyau que l’on pourra remplacer.
Le reste est assez secondaire.
L’extracteur à vapeur est justement intéressant parce qu’il n’essaie pas d’être une machine extraordinaire.
Il chauffe de l’eau, fait passer de la vapeur à travers des fruits et récupère ce qui en coule.
Et il fait cela depuis suffisamment longtemps pour que nous n’ayons pas vraiment besoin d’une version 2.0 connectée au Wi-Fi.
Attention au jus très chaud
C’est probablement la principale précaution à prendre avec un extracteur à vapeur.
Le jus que l’on soutire est très chaud et peut provoquer une brûlure importante.
Le tuyau donne l’impression d’un remplissage tranquille, mais il transporte un liquide chauffé par la vapeur. Il faut donc éviter de tenir une bouteille à la main pendant le soutirage : nous préférons la poser sur une surface stable, résistante à la chaleur, puis diriger le tuyau vers elle.
Des gants adaptés à la chaleur sont également utiles, notamment pour manipuler le tuyau, sa pince ou les récipients.
Il faut aussi penser au contenant. Une bouteille froide recevant brutalement un jus très chaud peut subir un choc thermique et se fissurer ou casser. Nous utilisons donc des bouteilles ou bocaux adaptés à la mise en bouteille à chaud et évitons les écarts brusques de température.
Enfin, ouvrir l’extracteur pendant son fonctionnement demande un peu de prudence : la vapeur qui s’échappe sous le couvercle peut elle aussi brûler. On soulève le couvercle en l’éloignant de soi, sans placer les mains ou le visage au-dessus du panier.
L’appareil est simple et paisible dans son fonctionnement, mais ce calme est trompeur : il contient de l’eau bouillante, de la vapeur et plusieurs litres de jus brûlant.
